France

Après l’horreur à Conflans, les gauches en appellent à l’unité du pays

Les regards se tournent souvent à gauche après un attentat. Les laxistes, selon la droite et son extrême. La politique ne s’arrête jamais. L’horreur n’est pas un frein, bien au contraire. Vendredi soir, après l’assassinat d’un enseignant à proximité de son collège, les premières critiques ont fusé ; la gauche complice du mal, forcément. Le président de la République, Emmanuel Macron, qui fait appel à l’unité du pays ? La baston politicienne est bien plus importante.

Un acteur du quinquennat de François Hollande se souvient des attentats sous le règne de la gauche (Charlie Hebdo, Hyper cacher, Bataclan, Nice…). Ça donne : «Il y avait toujours une forme de suspicion de la part de la droite et de l’extrême droite. Nous étions trop gentils avec les terroristes, des foutaises.» Parfois, les critiques naissent entre les gauches. Un combat interne. Un camp accuse l’autre de ne pas être ferme sur les valeurs républicaines. Des débats qui traversent tous les partis. Des mots en forme d’anathèmes sont jetés : indigénistes, islamo-gauchistes, communautarisme, islamophobie, laïcards…

Mélenchon, accusé, répond «unité»

Des discussions qui créent de réelles batailles idéologiques. Elles mettent surtout en lumière les questions qui entourent l’universalisme, le principe de laïcité et le rapport à l’Islam. Parfois, il y a des vrais désaccords, d’autres fois ils disent la même chose avec des mots différents. Ces derniers temps, Jean-Luc Mélenchon est sur le banc des accusés. Aux yeux de ses adversaires, le tribun serait tombé dans le communautarisme. Pas seulement. L’insoumis en chef serait trop dur avec Charlie Hebdo – les rapports entre le journal satirique et le député sont houleux. Le premier accuse le second d’être passé dans le camp des méchants (les islamistes) ; le second accuse le premier d’être passé dans le camp des méchants (l’extrême droite).

Du coup, lorsqu’un vrai méchant sanguinaire décapite un enseignant, il se passe quoi ? La droite part sur le sentier de la «guerre». Et les gauches partent sur l’unité du pays. Tous les chefs (Olivier Faure, Julien Bayou, Jean-Luc Mélenchon, Fabien Roussel…) craignent la fracture entre les uns et les autres. L’insoumis en chef a dit ce samedi : «Il est évident que le but des terroristes islamistes, c’est de parvenir à diviser les Français […] Par conséquent, j’appelle d’abord à cette unité. Il est absolument invraisemblable que d’aucuns en profitent aussitôt pour déclencher des polémiques, insulter, agresser, proposer des surenchères : à ce rythme-là, il n’y aura plus de pays.»

Tous à la République, tous pour la République

Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, sera dimanche au rassemblement sur la place de la République à Paris. Une action lancée par Charlie Hebdo. Les insoumis et les écologistes seront présents. Les communistes aussi. Un socialiste ne se montre pas étonné : «Il y a des discussions et des différents regards entre les gauches, mais on sait tous que peu importe la tendance, nous sommes tous pour la liberté d’expression et la République.» Le temps d’un week-end, la barbarie a mis fin aux (mauvais) jeux de rôles à gauche.

Rachid Laïreche

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