France

Obligation du port du masque : à Paris, «c’est difficile mais on fait avec»

Canicule et Covid, le cocktail asphyxiant de ce début d’août. Depuis lundi, le port du masque est obligatoire dans certaines rues fréquentées de Paris. La mesure prise par la mairie de la capitale, après des obligations similaires à Strasbourg, Bordeaux ou Lille, vise à endiguer un rebond de l’épidémie de coronavirus. Jusque-là, seuls les endroits clos comme les transports en commun étaient concernés par cette contrainte. Une directive plus ou moins bien vécue et respectée par les Parisiens, alors que le thermomètre s’affole et que les températures flirtent avec les 40 degrés.

Mardi midi, le long du canal de l’Ourcq, dans le XIXarrondissement, seule une minorité de passants avaient enfilé leur masque. Lamine, 21 ans, en porte un… mais descendu sur le menton. L’étudiant est sceptique sur l’efficacité de la mesure à l’extérieur : «Je peux comprendre qu’on oblige à porter le masque en lieu fermé, mais là c’est ouvert. C’est difficile mais on fait avec !»

«Recadrer le relâchement»

«Je ne quitte jamais mon masque, moi !» se vante une retraitée de 63 ans croisée à proximité. La sexagénaire reconnaît tout de même le baisser «parfois quand il y a personne». A ses côtés, une étudiante de 22 ans juge de son côté nécessaire la généralisation du masque, pour «recadrer le relâchement de certains et surtout celui des jeunes». Pour les deux femmes, les fortes chaleurs ne constituent pas un frein au port du masque, toujours préférable à un nouveau confinement.

Denis Bonnemaison, rencontré mardi matin sur les bords de Seine, zone également concernée par la décision de la mairie de Paris, affirme lui garder son masque en permanence malgré les fortes températures, «par mesure de précaution». L’artisan de 58 ans, accompagné de sa compagne Nadine, n’a pas vraiment d’«astuces» pour supporter le masque malgré la température. «J’essaie simplement de m’hydrater à fréquence régulière», explique-t-il.

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La généralisation du port du masque dans la capitale est également perçue d’un bon œil par le responsable du bistrot Alexandre III. «Il est préférable de porter le masque plutôt que de tomber malade», estime le quadragénaire qui en guise de bol d’air peut s’octroyer des pauses dans les vestiaires du bistrot où le masque peut être retiré. Le gérant, qui croit à 100 % aux vertus protectrices du masque, se félicite que des policiers municipaux rappellent à l’ordre les contrevenants, à ses yeux «inconscients», qui se baladent aux alentours.

«Les quais de Seine, c’est aéré !»

Parmi eux, Vincent et Céline, développeurs, qui ignoraient que le masque était désormais obligatoire à cet endroit. La jeune femme dit «ne pas comprendre» cette nouvelle décision des autorités qui, selon elle, «en font trop». «Qu’on impose le masque dans les endroits clos où il y a de la fréquentation, c’est normal. Les rues passantes étroites aussi, c’est compréhensible, estime-t-elle. Mais sur les quais de Seine, c’est large, et puis c’est aéré !»

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Les consignes officielles sont également jugées «floues» par Sophie, 46 ans. «Parfois c’est permissif, parfois c’est contraignant», résume la responsable dans le numérique, qui plaide pour un accès gratuit aux masques pour les plus modestes. Selon elle, les gestes barrières sont les seuls garde-fous pour contenir une éventuelle deuxième vague. «Je crois que certaines personnes ne se rendent pas compte de l’impact du confinement sur nos vies et notre économie. Il y a de la précarité, et un endettement record pour notre pays. Alors s’il faut porter un masque pour éviter un nouveau scénario catastrophe, il n’y a aucun débat à avoir.» Et qu’importe la chaleur suffocante pour la quadragénaire, qui dit, pour sa part, supporter «assez bien» le masque, même si, reconnaît-elle, elle «sort très peu»«”Vous allez porter le masque partout, dans tout l’espace public”, c’est ce que doivent dire nos dirigeants», tranche la quadragénaire. Le Premier ministre semble l’avoir entendue : mardi en fin d’après-midi, Jean Castex a annoncé qu’il allait demander aux préfets de «tendre le plus possible vers l’obligation du port du masque dans les espaces publics».

Samira Chabi Photo Lucile Boiron

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