America

« Personne ne sait si le 4 novembre les Etats-Unis auront un président-élu. Ni même le 4 décembre »


L eprésident Donald Trump sur le perron de la Maison-Blanche, le 15 septembre 2020.

Chronique. Il y a vingt ans, le 8 novembre 2000, les Etats-Unis se réveillent sans président élu. Le décompte total des suffrages exprimés, la veille, pour l’élection du successeur de Bill Clinton à la Maison Blanche bute sur le résultat du scrutin dans l’Etat de Floride, où le candidat démocrate Al Gore conteste les quelques centaines de voix d’avance du républicain George W. Bush. L’incertitude va durer un mois, ponctuée d’interminables recomptages et de débats surréalistes sur la validité des trous perforés par d’antiques machines dans les bulletins de vote de trois comtés de Floride.

C’est finalement la Cour suprême qui tranche. Le 12 décembre, elle met fin aux nouveaux décomptes en Floride et désigne George W. Bush vainqueur de l’élection présidentielle : il dispose ainsi du soutien de 271 grands électeurs, contre 266 pour Al Gore. Ce dernier s’incline, bien qu’ayant remporté le vote populaire au niveau national, avec 500 000 voix d’avance. Le monde entier, ou presque, salue cette preuve de la maturité de la démocratie américaine et du bon fonctionnement de ses institutions.

En sera-t-il de même dans la séquence qui va suivre le 3 novembre ? Rien n’est moins sûr. La civilité de l’affrontement Bush-Gore et le civisme qui les a départagés nous ramènent à des années-lumière de l’univers de vérités alternatives et de foire d’empoigne dans lequel nous a plongés Donald Trump. C’est d’ailleurs le président lui-même qui a commencé à semer le trouble en juillet, à un moment où un sondage accordait 8 points d’avance à son adversaire démocrate, Joe Biden : 2020 sera « l’élection la plus erronée et la plus frauduleuse de l’histoire », a-t-il prédit. Lorsque, sur Fox News, on lui a demandé s’il accepterait le résultat au cas où il perdrait l’élection, Donald Trump a refusé de répondre par l’affirmative. « Il faudra que je voie, a-t-il dit. Je ne vais pas juste dire oui. Et je ne vais pas non plus dire non. Il faudra que je voie. » Ah oui, « et d’abord je ne vais pas perdre – puisque ces sondages sont faux ».

Eviter les bureaux de vote

A sept semaines de l’élection, l’écart entre les deux candidats s’est réduit dans les intentions de vote, et personne ne s’aventure à faire de pronostics – d’autant plus qu’en 2016 Hillary Clinton avait été battue tout en comptabilisant 3 millions de voix de plus que Donald Trump. Mais le doute semé dans les esprits par le président et la persistance de la pandémie, qui va, selon toute probabilité, encourager un grand nombre d’électeurs à voter par correspondance pour éviter les bureaux de vote, nourrissent aujourd’hui les scénarios les plus noirs sur le déroulement de l’élection du 3 novembre.

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