America

Peter van Agtmael, photographe de la société américaine

USA. Minneaplolis, Minnesota. June 2, 2020. The scene at Cup Foods, the site of the killing of George Floyd by Police. As the days went on, the site was one of mourning and anger, but also turned into an ongoing block party.

PETER VAN AGTMAEL / MAGNUM PHOTOS

Né à Washington DC en 1981, Peter van Agtmael a commencé sa carrière de photographe sur les terrains de guerre où les Etats-Unis étaient impliqués. Depuis 2006, il a choisi de documenter les effets de ce qu’il appelle « l’impérialisme américain » à l’étranger et son impact sur le sol des Etats-Unis.

Quel lien entretenez-vous avec votre pays, que vous observez et photographiez depuis près de quinze ans ?

Je m’intéresse aux complexités et aux contradictions de la société américaine. En me déplaçant en Irak et en Afghanistan, j’ai pu voir les répercussions des interventions américaines dans ces régions. Ces observations ont modifié ma perception des effets engendrés par ce goût de la guerre qu’ont eu les gouvernements américains précédents sur les classes sociales, les communautés… et j’ai alors compris le pouvoir de la propagande.

Je pensais avoir tout vu, mais 2020 a, d’une certaine façon, réuni toutes les tensions politiques et sociales de ces dernières années. Cela a mené à cette période historique, perturbante, vraiment bouleversante.

Dans votre parcours, l’année 2020, a t-elle une tonalité particulière ?

Lorsque la pandémie de Covid-19 est survenue, j’ai vraiment pensé m’échapper. J’ai eu peur, je me demandais si j’aurais le courage de travailler. Finalement a surgi le besoin de tout documenter, autant que je le pouvais, pour m’approprier ce moment.

Cette année 2020 cristallise toutes mes préoccupations : l’horreur du Covid, le retour du mouvement des droits civiques, les crispations politiques… Les Etats-Unis n’avaient pas connu un épisode aussi mouvementé depuis 1968 [assassinat de Martin Luther King, élection de Richard Nixon, guerre au Vietnam, émeutes…] ! D’ailleurs, j’aurais adoré être photographe à cette époque. Certains jours, je perçois les drames américains comme la promesse d’un changement nécessaire et durable. Les mauvais jours, je crains la discorde civile et même la guerre.

Sorry for the War (éd. Mass Book), de Peter Van Agtmael. Publication prévue en décembre. Disponible sur www.petervanagtmael.net
A Manchester (New Hampshire) le 11 février, le président Donald Trump organise un rassemblement pendant la campagne des primaires.
A Richmond (Virginie), le 20 janvier, les défenseurs du port d’armes sont réunis au Capitole pour protester contre une éventuelle législation visant à restreindre la possession d’armes.
Pendant un meeting de Donald Trump le 2 mars, à Charlotte (Caroline du Nord) .
Des partisans républicains, lors d’un meeting de Trump, à Wildwood  (New Jersey), le 28 janvier.
A Minneapolis (Minnesota), le 31 mai. La police et la garde nationale forment un cordon autour d’une manifestation contre le meurtre de George Floyd.
Devant le Cup Foods après la cérémonie en mémoire de George Floyd, le 4 juin.
Affrontements entre la police et les manifestants après le couvre-feu imposé à Minneapolis ( Minnesota), le 30 mai.
Le 15 juin, à Washington DC, les manifestants se rassemblent au Black Lives Matter Plaza, près de la Maison Blanche, le dernier jour de la Convention nationale républicaine, au cours de laquelle Donald Trump a accepté la nomination du Parti républicain.
Le 2 juin, à Minneapolis ( Minnesota), des barricades bloquent les routes menant à l’endroit où George Floyd est mort. Le site est depuis un lieu de paix et un sanctuaire.
Les commerces de Minneapolis (Minnesota) autour du poste de police détruit, le 1er juin.
La garde nationale dans les rues de Minneapolis (Minnesota), le 1er juin.
Le quartier de Time Square, à New York, le 18 mars.
Le Park Domino, à Brooklyn, au début de la crise liée au Covid-19, 18 mars.
Un hôpital de campagne pour les victimes du Covid-19 installé dans Central Park, à New York, le 10 mai.
Rayons vides dans un magasin d’Easton (Maryland), le 28 avril.
Manifestation contre les mesures sanitaires mises en place pour lutter contre l’épidémie, à Annapolis (Maryland), le 18 avril.
La maison funéraire Leo Kearns, dans le Queens à New York, tente de réguler les demandes des familles des victimes du virus. En mai, l’établissement a du acquérir un conteneur réfrigéré pour conserver les corps.
Une famille se rend à la maison funéraire Leo Kearns après avoir transmis les recommandations pour la cérémonie, le 7 mai dans le Queens, à New York.
Le directeur de la maison funéraire Leo Kearns, dans une salle de préparation des défunts, le 5 mai dans le Queens, New York.
A Portland (Oregon) à la suite de mort de George Floyd, plus de 100 nuits de manifestations se sont succédée. Ces démonstrations non violentes se sont souvent soldées par des arrestations.
Manifestation des Proud Boys, groupuscule d’extrème droite, le 26 septembre, à Portland (Oregon).
Affrontements entre des membres des Proud Boys, groupuscule d’extrême droite, et la police, le 26 septembre, à Portland (Oregon).
Des membres des Proud Boys, se prennent en photo lors d’une journée de rassemblement, le 26 septembre à Portland (Oregon).
Un membre des Proud Boys, à Portland (Oregon) le 26 septembre. Les Proud Boys est un groupuscule d’extrême droite exclusivement masculin, proche de l’idéologie suprémaciste blanche.
Des membres d’une milice noire posent devant les photographes lors d’une manifestation Black Lives Matter à Portland. En parallèle a lieu le rassemblement des Proud Boys dans un parc voisin, le 26 septembre.
Lors d’un rassemblement d’une milice de droite à Cox’s Park à Louisville (Kentucky) sur le Kentucky Derby, le 15 juin.
Vu du ciel, des plantations de sapins dévastées par les incendies le long de la côte ouest des Etats Unis, à Gates (Oregon).
Le 15 juin, à Washington, les manifestants se rassemblent au Black Lives Matter Plaza, près de la Maison Blanche, après que Donald Trump a accepté d’être le candidat officiel à la la présidence.
A Richmond ( Virgine) la statue du General A.P. Hill in Richmond, général confédéré.
A Richmond ( Virginie) le 15 juin, la statue couverte de graffiti du général sudiste Robert E. Lee. Au cours de l’été 2020, les questions de justice raciale ont conduit à la destruction de monuments.

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