Europe

Rafale : la Grèce sera servie avant l’armée de l’air française


Deux avions Rafale décollent du porte-avions Charles-de-Gaulle, le 10 février.

Le gouvernement français vante « l’excellente nouvelle », mais il n’y a pas que des avantages à exporter des Rafale F3 à la Grèce, éminent partenaire de défense de la France en Europe.

Annoncée samedi 12 septembre, la vente par Paris de six avions neufs et de douze autres d’occasion prélevés sur les parcs militaires existants, crée une sérieuse difficulté pour l’armée de l’air et de l’espace. Car celle-ci, avec 217 chasseurs en ligne (102 Rafale et 115 Mirage 2000), souffre déjà d’un manque structurel d’appareils pour honorer les missions que lui confie l’exécutif – dissuasion nucléaire, protection permanente du ciel français, engagements extérieurs dans l’OTAN ou en Irak-Syrie.

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« L’exécutif ne s’est pas soucié des capacités opérationnelles de l’armée de l’air dans cette affaire », assure une source proche du dossier, pour qui « la vente des Rafale à Athènes ne relève que d’une logique financière et de la volonté de nourrir la vision politique présidentielle d’une Europe puissance ».

Face à la Turquie, les dix-huit Rafale de la Grèce ne seront pas le « game changer » définitif, mais ils donneront un solide coup d’avance à ses forces. Déjà affaiblie par les purges du président Recep Tayyip Erdogan, l’armée de l’air turque doit, elle, renoncer aux chasseurs F-35 américains qu’elle voulait acquérir, en raison d’un veto du président Donald Trump.

« Trou capacitaire »

Le contrat franco-grec sera signé fin 2020, pour de premières livraisons mi-2021 et en 2022. Les Grecs ne parlaient pas d’avions dans les discussions en cours depuis des mois sur l’achat d’armement français. Ils disent depuis juin vouloir s’équiper très vite devant l’activisme turc. Plusieurs appareils devraient être transférés immédiatement. Aucun ne sera donné.

Des discussions complexes s’ouvrent donc pour que les commandes nationales auprès du constructeur Dassault Aviation puissent compenser le « trou capacitaire » inévitable qui inquiète l’armée de l’air française. Pour elle, admet-on chez la ministre des armées Florence Parly, il y aura bien « un creux, que nous allons faire en sorte de minorer pour qu’il n’ait pas de conséquences opérationnelles. La cadence des prélèvements sur les avions d’occasion n’est pas encore définie ». Le ministère évoque en outre « une augmentation du rythme de production » des appareils neufs, à discuter avec l’avionneur.

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L’armée peut trouver un intérêt à céder des appareils du standard F3 déjà « ancien » (il équipe tous les Rafale depuis 2010) plutôt que de les moderniser comme prévu, si elle perçoit plus rapidement leurs successeurs programmés, des Rafale F4. Or, il est confirmé que les six avions grecs neufs seront fabriqués d’abord.

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